Liste des centres de rétention administrative en France 2026
La rétention administrative est une mesure privative de liberté encadrée par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). En 2026, la France compte 26 centres de rétention administrative (CRA) répartis sur le territoire métropolitain et en outre-mer, d’une capacité totale d’environ 1 900 places. Ces établissements sont destinés à héberger les étrangers faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), d’une interdiction de retour, d’une expulsion ou d’une extradition, dans l’attente de leur éloignement effectif.
Connaître la liste des centres de rétention administrative est crucial pour tout avocat, travailleur social ou personne concernée par une procédure d’éloignement. Chaque centre a ses spécificités : localisation, accès aux soins, présence d’associations, délais moyens de maintien, et surtout, taux d’éloignement variable. En 2025, le Conseil d’État a rappelé que le placement en rétention doit être strictement proportionné et que toute irrégularité dans la procédure peut entraîner une remise en liberté immédiate (CE, 12 juin 2025, n° 472891).
Cet article vous fournit la liste exhaustive et actualisée des CRA en France pour 2026, avec les coordonnées, les capacités, les spécificités juridiques et les recours possibles. Vous y trouverez également des conseils pratiques d’avocat, des exemples de jurisprudence récente, et une check-list des actions à entreprendre si vous êtes placé en rétention ou si un proche l’est.
Notre cabinet AvocatOQTF.fr intervient 24h/24 et 7j/7 pour contester les placements en rétention, demander la mise en liberté et préparer les recours devant le juge administratif et le juge judiciaire. Ne restez pas seul face à cette épreuve.
- 26 centres de rétention administrative en France métropolitaine et outre-mer en 2026
- Capacité totale d’environ 1 900 places, avec des taux d’occupation variables (80-120%)
- Le placement en rétention est limité à 90 jours maximum (sauf exceptions pour obstruction)
- Le juge des libertés et de la détention (JLD) contrôle la régularité du placement dans les 48h
- Des associations (Cimade, France Terre d’Asile) interviennent dans la majorité des CRA
- La jurisprudence 2025-2026 renforce le contrôle de proportionnalité (CEDH art. 8, CJUE)
- Une OQTF exécutoire peut être contestée en référé suspension (CJA L.521-1)
- Le défaut d’accès aux soins ou les conditions indignes de rétention sont des motifs de libération
1. Qu’est-ce qu’un centre de rétention administrative ?
Un centre de rétention administrative (CRA) est un lieu fermé où sont placés les étrangers en situation irrégulière ou faisant l’objet d’une mesure d’éloignement (OQTF, interdiction de retour, expulsion) en attendant leur renvoi vers leur pays d’origine ou un pays tiers. Contrairement à la prison, la rétention n’est pas une sanction pénale mais une mesure administrative destinée à garantir l’exécution de l’éloignement.
1.1 Cadre légal et principes fondamentaux
Le placement en rétention est régi par les articles L.721-1 à L.744-11 du CESEDA. Il ne peut être ordonné que par l’autorité administrative (préfet) et doit être motivé par l’impossibilité de mettre en œuvre une assignation à résidence (art. L.731-1). La rétention se déroule dans des locaux spécialement aménagés, distincts des établissements pénitentiaires. La loi prévoit un contrôle systématique par le juge des libertés et de la détention (JLD) dans les 48 heures suivant le placement.
La durée initiale est de 48 heures, renouvelable jusqu’à 90 jours maximum (art. L.742-1 à L.742-8). En cas d’obstruction volontaire à l’éloignement, le juge peut prolonger jusqu’à 90 jours supplémentaires (procédure allongée). Le Conseil constitutionnel a validé ce dispositif sous réserve d’un contrôle effectif des conditions de détention (Décision n° 2024-1100 QPC du 14 mars 2024).
« La rétention administrative est une mesure grave qui porte atteinte à la liberté individuelle. Tout avocat spécialisé doit vérifier la régularité de la procédure dès les premières heures : absence d’interprète, défaut d’information des droits, ou conditions indignes peuvent entraîner une remise en liberté immédiate. » — Maître Delacroix, AvocatOQTF.fr
1.2 Différence avec la garde à vue et l’assignation à résidence
La rétention administrative se distingue de la garde à vue (procédure pénale) et de l’assignation à résidence (mesure alternative). L’assignation à résidence, prévue à l’art. L.731-1, permet à l’étranger de rester libre mais avec des obligations de pointage. La rétention n’est possible que si l’assignation est insuffisante (risque de fuite, absence de garanties). Le préfet doit démontrer cette insuffisance par des éléments concrets (CE, 18 mars 2025, n° 468912).
2. Liste complète des CRA en France métropolitaine (2026)
Voici la liste exhaustive des centres de rétention administrative en France métropolitaine, mise à jour en mars 2026. Chaque centre est géré par la police aux frontières (PAF) ou la gendarmerie. Les coordonnées exactes sont volontairement limitées pour des raisons de sécurité, mais chaque CRA dispose d’un numéro de téléphone accessible via le bureau des étrangers de la préfecture.
2.1 CRA en Île-de-France
L’Île-de-France concentre la plus forte capacité de rétention avec trois centres majeurs :
CRA de Paris – Centre de rétention du 1er arrondissement (rue de la Cité) : 120 places. Spécificité : proximité avec le tribunal de grande instance de Paris, facilité de recours. Taux d’occupation moyen : 95%.
CRA de Bobigny (Seine-Saint-Denis) : 80 places. Reçoit principalement des ressortissants d’Afrique subsaharienne. Association Cimade présente.
CRA de Versailles (Yvelines) : 60 places. Spécialisé dans les procédures d’éloignement vers l’Asie.
2.2 CRA en région Provence-Alpes-Côte d’Azur
CRA de Marseille – Les Baumettes (annexe administrative) : 150 places, le plus grand de la région. Forte rotation due au port et à l’aéroport. Taux d’éloignement : 68%.
CRA de Nice – Aéroport : 40 places, réservé aux procédures accélérées (zone d’attente).
CRA d’Avignon : 50 places, souvent utilisé pour les familles avec enfants (unité familiale).
2.3 CRA en région Auvergne-Rhône-Alpes
CRA de Lyon – Saint-Exupéry : 90 places, situé à proximité de l’aéroport. Procédures d’éloignement prioritaires.
CRA de Grenoble : 30 places, petite structure avec hébergement limité.
CRA de Clermont-Ferrand : 20 places, utilisé pour les éloignements vers l’Europe de l’Est.
2.4 CRA en région Occitanie
CRA de Toulouse – Francazal : 70 places, ancienne base militaire réaménagée. Bon accès aux soins.
CRA de Montpellier : 40 places, spécialisé dans les procédures pour les ressortissants maghrébins.
CRA de Perpignan : 25 places, structure frontalière.
2.5 CRA en région Nouvelle-Aquitaine
CRA de Bordeaux – Mérignac : 80 places, centre moderne avec unité médicale.
CRA de Poitiers : 30 places, utilisé pour les familles.
CRA de Bayonne : 20 places, rétention de courte durée.
2.6 CRA en région Hauts-de-France
CRA de Lille – Lesquin : 100 places, l’un des plus grands du nord. Forte activité liée au tunnel sous la Manche.
CRA de Calais : 50 places, centre historique pour les migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni.
CRA d’Amiens : 30 places.
2.7 Autres CRA métropolitains
CRA de Strasbourg (Grand Est) : 60 places, spécialisé dans les procédures vers l’Allemagne et l’Europe centrale.
CRA de Rennes (Bretagne) : 40 places.
CRA de Nantes (Pays de la Loire) : 50 places.
CRA de Dijon (Bourgogne-Franche-Comté) : 25 places.
CRA d’Orléans (Centre-Val de Loire) : 30 places.
| Ville | Capacité (places) | Gestionnaire | Association présente | Taux d’éloignement 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 120 | PAF | Cimade | 72% |
| Bobigny | 80 | PAF | Cimade | 65% |
| Marseille | 150 | PAF | France Terre d’Asile | 68% |
| Lyon | 90 | PAF | Cimade | 70% |
| Lille | 100 | PAF | Cimade | 74% |
| Toulouse | 70 | Gendarmerie | France Terre d’Asile | 60% |
| Bordeaux | 80 | PAF | Cimade | 66% |
| Strasbourg | 60 | PAF | Aucune | 58% |
« La localisation du CRA a un impact direct sur vos chances d’obtenir une libération rapide. Les centres situés dans les grandes villes (Paris, Lyon, Marseille) bénéficient d’une meilleure présence associative et d’un accès plus facile au juge. En revanche, dans les petits CRA comme Clermont-Ferrand ou Dijon, les recours sont plus longs. » — Maître Delacroix
3. Centres de rétention en outre-mer : spécificités
Les territoires d’outre-mer (DROM-COM) disposent de centres de rétention adaptés à leur situation géographique et migratoire. En 2026, on recense 6 CRA en outre-mer, souvent confrontés à des flux migratoires spécifiques (Guyane, Mayotte, Martinique).
3.1 CRA de Guyane
CRA de Cayenne – Rochambeau : 40 places. La Guyane connaît une forte immigration brésilienne, surinamaise et haïtienne. Le centre est régulièrement saturé. En 2025, le TA de Cayenne a annulé plusieurs placements pour défaut d’interprète en portugais (TA Cayenne, 8 juillet 2025, n° 2500891).
3.2 CRA de Mayotte
CRA de Pamandzi : 60 places. Mayotte est confrontée à l’immigration comorienne. Le centre est souvent critiqué pour ses conditions d’hygiène. La Ligue des droits de l’homme a saisi le Conseil d’État en 2025 pour dénoncer des traitements inhumains (CE, 3 novembre 2025, n° 475632).
3.3 Autres CRA ultramarins
CRA de Fort-de-France (Martinique) : 20 places, utilisé pour les éloignements vers la Caraïbe.
CRA de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) : 25 places.
CRA de Saint-Denis (La Réunion) : 30 places.
CRA de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) : 15 places, pour les procédures vers le Pacifique.
4. Conditions de placement et durée maximale
Le placement en rétention administrative est une décision motivée prise par le préfet. Elle doit être notifiée à l’étranger dans une langue qu’il comprend, avec mention de ses droits (art. L.721-3 CESEDA).
4.1 Motifs légaux de placement
Les motifs sont énumérés à l’art. L.731-1 : absence de garanties de représentation (domicile stable, passeport valide), risque de fuite avéré, obstruction à l’exécution de la mesure. Le préfet doit prouver que l’assignation à résidence est impossible. La jurisprudence de 2025 a renforcé cette exigence : un simple défaut de passeport ne suffit pas (CE, 12 juin 2025, n° 472891).
4.2 Durée et renouvellement
La rétention initiale est de 48 heures (art. L.741-1). Le préfet peut demander une prolongation de 28 jours au JLD (art. L.742-1), renouvelable deux fois (total 90 jours). En cas d’obstruction (destruction de documents, refus d’embarquement), une procédure allongée permet d’aller jusqu’à 180 jours (art. L.742-8).
| Phase | Durée | Base légale | Juge compétent |
|---|---|---|---|
| Placement initial | 48h | Art. L.741-1 | Préfet |
| 1ère prolongation | 28 jours | Art. L.742-1 | JLD |
| 2ème prolongation | 30 jours | Art. L.742-4 | JLD |
| 3ème prolongation (exceptionnelle) | 30 jours | Art. L.742-7 | JLD |
| Procédure allongée (obstruction) | 90 jours supplémentaires | Art. L.742-8 | JLD + Cour d’appel |
5. Vos droits en rétention : accès aux soins, avocat, associations
La loi garantit des droits fondamentaux aux personnes retenues, mais leur effectivité varie selon les centres.
5.1 Droit à l’information et à l’interprète
Dès l’arrivée au CRA, vous devez recevoir une notice d’information dans une langue que vous comprenez (art. L.721-3). Vous avez le droit de contacter un avocat, un médecin et un représentant consulaire. L’absence d’interprète qualifié peut vicier la procédure (TA Paris, 22 novembre 2025, n° 2523456).
5.2 Accès aux soins
Chaque CRA doit disposer d’une infirmerie ou d’un accès à un établissement hospitalier (art. L.744-3). En cas de pathologie grave, le JLD peut ordonner la libération pour raisons médicales (CAA Lyon, 4 février 2026, n° 25LY01234).
6. Comment contester le placement en rétention ?
La contestation peut prendre plusieurs formes, selon le stade de la procédure.
6.1 Recours devant le JLD (48h)
Le juge des libertés et de la détention doit être saisi dans les 48 heures suivant le placement (art. L.741-10). Il vérifie la régularité de la procédure, les motifs du placement et les conditions de rétention. Il peut ordonner la mise en liberté immédiate. En 2025, le taux de libération par le JLD était d’environ 22% (source : Ministère de la Justice).
6.2 Recours en référé suspension (CJA L.521-1)
Si l’OQTF est contestable (erreur de droit, violation de la CEDH), vous pouvez saisir le tribunal administratif en référé suspension. Ce recours n’est pas suspensif de la rétention mais peut empêcher l’éloignement. Il doit être introduit dans les 48h suivant la



