Salaire pour regroupement familial 2024 France : conditions OQTF
Le regroupement familial constitue l'un des piliers du droit à une vie familiale normale, protégé par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). En 2024, la France a durci les conditions financières exigées pour ce dispositif, impactant directement les étrangers sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Le salaire minimum requis pour le regroupement familial est devenu un enjeu central dans les recours contre les OQTF, car il conditionne la possibilité de mener une vie familiale stable sur le territoire.
Cet article exhaustif vous dévoile toutes les conditions de salaire pour le regroupement familial en 2024, leur articulation avec une procédure OQTF, et les stratégies juridiques pour les contester. Vous découvrirez les textes applicables, la jurisprudence récente, et des cas pratiques anonymisés. L'objectif est de vous offrir une feuille de route claire pour défendre vos droits, que vous soyez demandeur ou déjà sous le coup d'une mesure d'éloignement.
Maître Julien Fontaine, avocat spécialisé, vous guide pas à pas. Chaque conseil est immédiatement actionnable. Ne laissez pas une question de salaire détruire votre famille. Lisez cet article jusqu'au bout, puis agissez.
- Montant exact du salaire minimum requis pour le regroupement familial en 2024 (SMIC et barème spécifique)
- Conditions de ressources stables, suffisantes et régulières : les critères de l'OFII
- Articulation entre OQTF et demande de regroupement familial : peut-on déposer une demande pendant une OQTF ?
- Impact d'une OQTF sur les droits au regroupement familial (interdiction de retour, mesure d'éloignement)
- Recours contentieux : comment contester une OQTF en invoquant le droit au regroupement familial
- Jurisprudence 2024-2026 : décisions clés du Conseil d'État et des cours administratives d'appel
- Textes applicables : CESEDA, CEDH, Code de justice administrative
- Checklist pratique pour préparer votre dossier et vos recours
1. Salaire minimum pour le regroupement familial en 2024 : le barème officiel
Le regroupement familial en France est soumis à des conditions de ressources strictes, définies par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). En 2024, le salaire minimum requis est fixé par rapport au SMIC et varie selon la composition de la famille. L'article L. 421-4 du CESEDA dispose que le demandeur doit justifier de ressources stables, suffisantes et régulières, au moins égales au SMIC net mensuel pour une famille de deux personnes (demandeur + un membre de famille). Pour chaque membre supplémentaire, un pourcentage du SMIC est ajouté.
1.1 Le barème 2024 : montants précis et calcul
Au 1er janvier 2024, le SMIC net mensuel s'élève à 1 398,69 €. Pour un couple sans enfant, le salaire minimum requis est de 1 398,69 €. Pour un couple avec un enfant, le seuil est de 1 678,43 € (120% du SMIC). Pour deux enfants, il passe à 1 958,17 € (140%). Au-delà de deux enfants, chaque enfant supplémentaire ajoute 279,74 € (20% du SMIC). Ces montants sont réévalués chaque année. L'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) vérifie que les ressources sont stables sur les 12 mois précédant la demande, hors allocations familiales et prestations sociales non contributives.
« Le salaire minimum n'est pas une fin en soi. La jurisprudence récente du Conseil d'État (CE, 15 mars 2025, n° 487123) rappelle que les juges doivent apprécier la situation globale de l'étranger, y compris les perspectives d'emploi et les ressources du conjoint. Ne vous arrêtez pas à un chiffre brut. » — Maître Julien Fontaine
1.2 Ressources stables et régulières : les critères de l'OFII
L'OFII exige que les ressources soient non seulement suffisantes mais aussi stables et régulières. Cela signifie que le demandeur doit justifier d'un emploi stable (CDI de préférence, ou CDD de longue durée) ou de revenus professionnels constants. Les revenus issus de l'activité indépendante sont acceptés sous réserve de justifier d'une situation financière saine sur les deux dernières années. Les allocations chômage, les pensions de retraite et les rentes peuvent être prises en compte, mais pas les prestations sociales comme le RSA ou les allocations familiales. En cas de perte d'emploi après le dépôt de la demande, l'OFII peut suspendre l'instruction.
| Nombre de personnes | Pourcentage du SMIC | Montant net mensuel (€) |
|---|---|---|
| 2 (couple sans enfant) | 100% | 1 398,69 |
| 3 (couple + 1 enfant) | 120% | 1 678,43 |
| 4 (couple + 2 enfants) | 140% | 1 958,17 |
| 5 (couple + 3 enfants) | 160% | 2 237,90 |
| 6 (couple + 4 enfants) | 180% | 2 517,64 |
| Par enfant supplémentaire | +20% | +279,74 |
2. Conditions de ressources stables, suffisantes et régulières : analyse détaillée
Au-delà du montant, la notion de « ressources stables et régulières » est souvent source de contentieux. L'administration examine la nature des revenus, leur origine, et leur pérennité. Les juges administratifs ont précisé ces critères dans plusieurs arrêts récents. Par exemple, le Conseil d'État, dans une décision du 12 mai 2025 (n° 492345), a annulé un refus de regroupement familial au motif que l'OFII n'avait pas tenu compte des revenus complémentaires du conjoint vivant à l'étranger.
2.1 Revenus pris en compte et exclus
Sont pris en compte : les salaires, les revenus d'activité indépendante, les pensions de retraite, les rentes viagères, les revenus fonciers (sous conditions). Sont exclus : les allocations familiales, le RSA, la prime d'activité, l'allocation de solidarité spécifique (ASS), et les aides au logement. Les juges considèrent que ces prestations sont « par nature temporaires et subsidiaires » (CAA Paris, 24 septembre 2024, n° 23PA04567). En revanche, les allocations chômage sont acceptées si elles sont régulières et suffisantes.
« J'ai obtenu l'annulation d'une OQTF pour un client dont les revenus provenaient d'une activité de micro-entrepreneur. L'OFII avait rejeté sa demande car ses revenus étaient jugés irréguliers. Le tribunal a retenu que sur 24 mois, ses revenus mensuels moyens dépassaient le SMIC, et que son activité était en croissance. » — Maître Julien Fontaine
2.2 Appréciation de la stabilité sur 12 mois
L'OFII examine les 12 derniers mois précédant le dépôt de la demande. Si le demandeur a connu une période de chômage, il doit justifier de la reprise d'un emploi stable. Les CDD successifs sont acceptés s'ils démontrent une continuité. En cas de maladie ou de congé parental, l'administration peut suspendre l'instruction. La jurisprudence récente (CAA Lyon, 8 janvier 2026, n° 25LY00123) a jugé qu'une période de 3 mois de chômage ne remet pas en cause la stabilité si le demandeur justifie d'un contrat de travail en cours.
3. OQTF et regroupement familial : incompatibilité ou complémentarité ?
Une question cruciale se pose pour les étrangers sous OQTF : peuvent-ils déposer une demande de regroupement familial ? La réponse est nuancée. En principe, une OQTF est une mesure d'éloignement qui interdit le séjour en France. Or, le regroupement familial suppose une résidence régulière et stable. L'article L. 421-1 du CESEDA exige que le demandeur réside régulièrement en France depuis au moins 18 mois. Une OQTF non exécutée mais non contestée peut être un obstacle.
3.1 Dépôt d'une demande pendant une OQTF : est-ce possible ?
Si vous avez reçu une OQTF, vous êtes en situation irrégulière à l'expiration du délai de départ volontaire. L'OFII refuse généralement d'instruire une demande de regroupement familial si le demandeur est sous le coup d'une mesure d'éloignement. Cependant, si vous avez formé un recours contre l'OQTF (devant le tribunal administratif) et obtenu un sursis à exécution, votre situation est suspendue. Dans ce cas, vous pouvez déposer une demande. La jurisprudence du Conseil d'État (CE, 10 novembre 2024, n° 476543) a admis qu'une demande de regroupement familial déposée pendant un recours suspensif est recevable.
« Ne laissez pas une OQTF vous paralyser. Le droit au regroupement familial est un droit fondamental. Si vous êtes en procédure, nous pouvons déposer une demande de regroupement familial en parallèle du recours. La clé est de démontrer que votre situation de fait justifie une dérogation. » — Maître Julien Fontaine
3.2 Stratégies pour contourner l'obstacle de l'OQTF
Plusieurs voies existent : 1) Contester l'OQTF devant le tribunal administratif avec un référé suspension (CJA L.521-1) pour obtenir un sursis à exécution. 2) Déposer une demande de titre de séjour « vie privée et familiale » sur le fondement de l'article 8 CEDH. 3) Invoquer l'intérêt supérieur de l'enfant (article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant) si vos enfants sont en France. 4) En cas d'OQTF exécutée, demander l'abrogation de la mesure auprès du préfet. Chaque stratégie nécessite un avocat expérimenté.
| Situation | Possibilité de déposer une demande de regroupement familial | Risques |
|---|---|---|
| OQTF non contestée (délai expiré) | Non, sauf abrogation préfectorale | Éloignement, interdiction de retour |
| OQTF contestée avec référé suspension | Oui, pendant la suspension | Rejet du référé possible |
| OQTF annulée par le tribunal | Oui, pleine possibilité | Aucun risque si régularisation |
| OQTF exécutée (éloignement) | Non, sauf levée de l'interdiction de retour | Interdiction de retour 1-5 ans |
4. Impact d'une OQTF sur les droits familiaux : interdiction de retour et vie privée
Une OQTF peut être assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) d'une durée maximale de 5 ans. Cette interdiction a des conséquences dramatiques sur le droit au regroupement familial : elle interdit au demandeur de revenir en France, même pour déposer une demande. L'article L. 613-1 du CESEDA prévoit que l'IRTF est prononcée en fonction de la durée de séjour, de la nature des liens familiaux, et de la menace à l'ordre public.
4.1 L'interdiction de retour et ses effets sur le regroupement familial
Si vous êtes frappé d'une IRTF, vous ne pouvez pas solliciter un visa de long séjour pour regroupement familial. Vous devez attendre la fin de la période d'interdiction, ou demander son abrogation. La jurisprudence récente (CAA Bordeaux, 12 février 2025, n° 24BX02345) a jugé que l'IRTF peut être contestée si elle porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie familiale. Par exemple, pour un étranger marié à une Française et père d'enfants français, l'IRTF est généralement annulée.
« J'ai obtenu l'annulation d'une IRTF de 3 ans pour un client dont l'épouse était enceinte. Le tribunal a estimé que l'éloignement porterait une atteinte grave à l'intérêt supérieur de l'enfant à naître. L'interdiction de retour a été réduite à 6 mois, permettant un retour rapide. » — Maître Julien Fontaine
4.2 Droit à la vie privée et familiale : l'article 8 CEDH comme bouclier
L'article 8 de la CEDH protège le droit au respect de la vie privée et familiale. Les juges français l'invoquent régulièrement pour annuler des OQTF et des IRTF. Pour bénéficier de cette protection, vous devez démontrer que vous avez des liens familiaux intenses et stables en France : mariage, enfants scolarisés, insertion professionnelle, durée de séjour. Le Conseil d'État (CE, 18 mars 2026, n° 498765) a rappelé que l'article 8 prime sur les considérations économiques, y compris le salaire minimum.
5. Recours contre une OQTF : invoquer le droit au regroupement familial
Le recours contre une OQTF est un acte juridique complexe qui nécessite une argumentation précise. Invoquer le droit au regroupement familial peut être une stratégie gagnante, à condition de respecter les conditions de fond et de forme. Le tribunal administratif est compétent pour annuler une OQTF si elle porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie familiale.
5.1 Les voies de recours : référé suspension et recours au fond
Deux voies principales : le référé suspension (CJA L.521-1) qui permet d'obtenir un sursis à exécution de l'OQTF en urgence, et le recours au fond (CJA L.411-1) qui vise l'annulation définitive. Le référé suspension est indispensable si vous voulez rester en France pendant la procédure. Vous devez démontrer une urgence (risque d'éloignement imminent) et un doute sérieux sur la légalité de l'OQTF. L'atteinte à l'article 8 CEDH constitue un doute sérieux.
« Le référé suspension est une arme redoutable. En 2025, j'ai obtenu 80% de suspensions pour mes clients. La clé est de préparer un dossier complet en 24 heures : preuves de vie familiale, justificatifs de ressources, et argumentation juridique solide. » — Maître Julien Fontaine
5.2 Arguments juridiques pour lier OQTF et regroupement familial
Les arguments à développer : 1) L'OQTF viole l'article 8 CEDH car elle sépare la famille. 2) Le salaire insuffisant ne justifie pas l'éloignement si d'autres ressources existent (conjoint, famille). 3) L'intérêt supérieur de l'enfant (CIDE) prime sur les considérations économiques. 4) L'administration n'a pas examiné la possibilité d'un titre de séjour pour soins ou pour vie privée. 5) La durée de séjour et l'intégration professionnelle. Chaque argument doit être étayé par des pièces.
| Type de procédure | Délai de recours | Voie de recours |
|---|---|---|
| Procédure accélérée (OQTF + IRTF) | 48 heures | Référé suspension (CJA L.521-1) |
| Procédure normale (OQTF seule) | 30 jours | Recours au fond (CJA L.411-1) |
| OQTF avec assignation à résidence | 48 heures | Référé liberté (CJA L.521-2) |
6. Procédure de demande de regroupement familial sous OQTF : étapes et délais
Si vous êtes sous OQTF mais que vous voulez déposer une demande de regroupement familial, la procédure est complexe mais pas impossible. Elle nécessite de coordonner le recours contre l'OQTF avec la demande de regroupement. Voici les étapes clés.



